Mercredi 6 janvier 2010 3 06 /01 /2010 18:38

"Janvier est le mois où l'on offre ses meilleurs voeux à ses amis. Les autres mois sont ceux où ils ne se réaliseront pas."

Georg Christoph Lichtenberg

Voeux
Par Lmf - Publié dans : Divers
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 4 janvier 2010 1 04 /01 /2010 10:48
Je suis retombé sur cette lettre. J'avais une pêche d'enfer à l'époque.

"Ne nous suicidons pas tout de suite. Il y a encore quelqu'un à décevoir." Cioran
Par Lmf - Publié dans : Tests
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 4 janvier 2010 1 04 /01 /2010 10:36

Je me suis réveillé à 4h30 ce matin, j’ai presque envie de dire comme d’habitude. Et comme d’habitude, j’ai réfléchi à la meilleure façon de mettre fin à mes jours. On ne devrait jamais penser à ces heures indues. Les pensées qui nous habitent dans ces moments là sont toutes teintées de noir.

Cela fait bien longtemps maintenant que je ne sursaute plus quand le réveil se déclenche. Je ne dors plus : je somnole, sortant parfois de ma torpeur pour penser encore et toujours à mon travail avant de m’assoupir à nouveau. J’aimerai prétendre que j’ai tout sacrifié à ma tâche mais il n’en est rien. Ma vie se résume à mon activité professionnelle et je sais aujourd’hui que rien de ce que j’aurais pu entreprendre n’y aurait changeait quoique ce soit. J’ai perdu le contrôle de la situation depuis plusieurs semaines déjà et malgré toute ma bonne volonté, mon abnégation presque, les choses continuent leurs parcours chaotique. Il y a peu ce constat me mettait en colère, puis la résignation est venue et aujourd’hui ma froide détermination.

Je suis conscient de la vanité de mon geste. Ces quelques lignes n’atténueront ni la peine ni les tracas causaient par ma disparition – sachez que je considère dès à présent ma mort comme acquise – mais elles balaieront, je l’espère, le moindre soupçon de culpabilité. La mort est ma compagne depuis bien des années et le suicide n’est que le moyen de nous réunir à jamais. J’ai si souvent imaginé mettre fin à mes jours qu’aujourd’hui je n’ai que l’embarras du choix pour y parvenir.

J’avais un but, un objectif : réussir. Je pensais, naïvement, que les efforts consentis pour y parvenir seraient un jour récompensés. Je ne désirais rien d’autre que de pouvoir enfin jouir des fruits de mon labeur, de me dire en me regardant dans la glace :


-
 
Cela n’a pas été facile, mais aujourd’hui, c’est bon : on y est, profite !


Le bonheur est fugitif, imperceptible et malheureusement éphémère. Je suis trop souvent passé à côté au nom d’une rigueur imbécile pour savoir que ces moments sont rares et précieux. Il fallait être raisonnablement déraisonnable. Cette phrase résume succinctement ma brève existence. Je suis parti du postulat suivant : il faut se donner des objectifs élevés mais réalisables pour progresser. Je n’ai donc pas fait dans la facilité mais je m’en suis sorti, en forçant des épaules je l’avoue, mais seul le résultat compte. Beaucoup ne verront rien d’extraordinaire dans ce que j’ai fait, mais sachez à la base que je ne suis doué pour rien et que toute victoire est enfantée dans la douleur. Il a fallu bien souvent travailler dur pour obtenir des résultats moyens.


On ne se tue pas pour quelques déboires. Non, c’est sans nul doute vrai. Les choses sont néanmoins un peu plus complexes qu’il n’y paraît à première vue. Les aléas professionnels ne sont que mineurs comparés au problème de fond : mon inadaptation à la vie. Je ne comprends pas, ou plus sûrement le comprends sans toutefois y adhérer, ce qui pousse les gens à vivre, leurs satisfactions, leurs plaisirs, leurs joies… toutes ces choses qui me sont étrangères. Je me demande parfois si tout ceci n’est qu’une illusion, un mensonge grossier transmit de génération en génération pour entretenir l’étincelle de la vie. Les gens vivent et luttent à la recherche de joies qui, peut-être, ne sont que de simples mirages, solidement ancrés dans notre inconscient collectif. Nous avons créé Dieu pour poursuivre, au-delà de notre mort, cette quête imbécile.


Je réfléchis tout en écrivant.


Je cherche la vérité nue, débarrassée du superficiel, ces mots simples qui seraient la synthèse du mal qui me ronge petit à petit. Je sais que le temps m’est compté et qu’il faudra bien écrire le mot FIN avant de nous quitter.


Je l’ai déjà écris – c’est sans conteste ma principale activité – et dans un moment d’égarement j’ai peut-être effleuré la perfection : je sais comment mais j’ignore pourquoi. Je sais, tout du moins sans trop entrer dans les détails, comment nous vivons, mais je ne comprends pas pourquoi. Quelle est la raison de toute cette mascarade ?


Ma mise à l’écart s’explique peut-être par ce désir irrépressible d’essayer de comprendre l’essence même des choses alors que tant d’autres – si ils savaient à quel point je les admire – appréhendent sans difficulté les mécanismes, se contentent du « comment ça marche ».


Je sens que je me dérobe une nouvelle fois. Comme à l’accoutumée, je croyais ma détermination inébranlable, et une nouvelle fois, ces mots couchaient sur le papier apaisent mon trouble et je me plais à imaginer une alternative à tout cela : la solitude et l’écriture. Mon rêve – puisque malgré ma volonté d’être au-dessus de tout cela, je succombe moi aussi à ces chimères – aurait été d’être écrivain. J’aime cela plus que toute autre chose. Ecrire et lire, lire et écrire : si la vie pouvait se résumer à cela, je me passerai de ces interrogations et j’attendrais que la mort vienne me chercher plutôt que d’imaginer mille scénarios pour la rejoindre.

Je dois cesser dès à présent ce petit jeu. J’écris comme je parle et ces remarques sans importance pourraient se poursuivre indéfiniment. Il est temps à présent de vous demander pardon. Je suis coupable du désordre passager que ma disparition causera sans doute dans vos vies. La pudeur m’empêche d’aller plus avant dans mes confessions, il est déjà trop tard.

Par Lmf - Publié dans : Tests
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 3 janvier 2010 7 03 /01 /2010 02:10

- Tu ne dis plus rien ? Et bien il sera peut-être plus loquace lui.


Elle reste sans voix. Il ne le fera pas, il ne peut pas le faire, mais si. Il se lève doucement, repose soigneusement sa serviette sur la table, repousse sa chaise et se dirige vers son amant qui prend ses distances. Il ne va tout de même pas le frapper au beau milieu du restaurant ? Tout sauf le scandale. Elle l’a mal jaugé, il est capable du pire.


Fausse alerte, ils discutent et reviennent ensemble. Cette soirée va de surprise en surprise et rien ne laisse présumer l’issue qu’elle prendra.

- Je crois qu’il est inutile de vous présenter. Joignez vous donc à nous Christophe !


Il ne manque pas de toupet : il prend une chaise et s’installe à côté de Delphine. Il lui prend même la main. Elle est mal à l’aise et cela se sent. Lui, non, il a repris des couleurs, sourit, mais Frédéric remonte au front.


- Delphine est restée assez évasive sur les circonstances de votre rencontre.

- C’était pendant une soirée entre collègues.

- Vous travaillez ensemble alors.

- C’est ça.

- Et depuis combien de temps couchez-vous avec ma femme ? 


Malgré sa stature de demi de mêlée, il se recroqueville. Sa belle assurance n’a pas tenu longtemps. Elle vient à son secours, que c’est charmant. Frédéric est dégoûté. Delphine intervient.

 

- Tu dérapes chéri.

 

Frédéric la regarde. Elle a toujours eu un certain talent pour manipuler les hommes, il faut dire que la nature ne l’a pas dépourvu de charmes. Il sait de quoi il parle.

 

- Et bien Christophe, je vous souhaite tous mes vœux de bonheur.

 

Ce dernier n’en revient pas mais en rajoute.

 

- Qu’est-ce que tu comptes faire Frédéric ?

- Attends, attends… Nous ne sommes pas des amis quand même, alors vous m’appelez pas par mon prénom. Les ménages à trois : c’est pas mon truc. Et vous me vouvoyez d’accord ? C’est pas parce que vous baisez ma femme que nous sommes intimes.

- Désolé.

- Vous pouvez l’être.

 

La scène est surréaliste et l’atmosphère à couper au couteau.

- Elle est belle n’est-ce pas ? C’est peu de le dire en fait, il faut la regarder pour constater l’étendue de ses charmes.

- C’est vrai.

- C’est son regard qui vous a fait craquer ?

- Oui.

- Moi aussi, le soir de notre rencontre elle m’a littéralement hypnotisé.

- Il y a dans ses yeux comme une invitation, comme si elle vous donnait une chance.

- Oui, c’est bien dit. Et puis elle est intelligente, un peu manipulatrice, mais tout en douceur.

- Je ne sais pas Frédéric. Je vous laisse seul juge.


Delphine vient de glisser dans la quatrième dimension. Elle ne serait pas surprise de voir un commentateur surgir de derrière un rideau. Mais dans la série les victimes ne sont jamais prévenues, seuls les spectateurs savent. Qui peut être préparé à ce type de situation : son mari et son amant en pleine discussion, qui parlent d’elle en sa présence en utilisant la troisième personne. Frédéric prend vraiment bien les choses, trop bien et elle se méfie.


- Pour être franc Christophe, Delphine est une grande dans ce domaine : elle vous encule tout en douceur. C’est incolore, inodore et sans savoir comment, vous vous retrouverez vous aussi dans ma situation.


Frédéric hausse le ton et quelques clients se retournent, gênés. La petite blonde du fond lève la tête, elle n’a rien entendu mais elle sent que quelque chose se trame là-bas. Dommage qu’elle soit si loin.

- Vous savez Christophe, ce serait tellement plus facile si on ne devait pas être en plus de mauvaise fois. Si on pouvait prétendre que les gens que l’on n’aime pas, ou plus, sont des cons dépourvus du moindre charisme et/ou talent. Plus facile si ce constat n’était non plus personnel, mais global, absolu, une vérité universelle, et par conséquent inattaquable. Plus simple si on n’émettait plus qu’un sentiment, ou plus exactement un ressentiment : une loi fondamentale qui ne nous dégagerait de toute responsabilité, de toute rancœur.

Il soupire, hoche la tête dépité puis conclut :

 

- C’est pas tout cela mais j’ai des choses à faire. Alors avant de partir juste un conseil Christophe : soyez toujours attentifs, car Delphine affole les hommes et il est plus difficile de la garder que de la conquérir. J’en sais quelque chose, je l’ai aussi volée à un autre. Bon, Delphine, je crois que nous avons plus rien à nous dire. Nous nous reverrons sûrement, ne serait-ce que parce que légalement je suis toujours encore ton mari. Tous mes vœux de bonheur ma chérie.

Il se lève et l’embrasse sur le front. Christophe lui tend la main, Frédéric y jette un regard dédaigneux.

- Vous n'êtes vraiment pas psychologues pour deux sous.

 

Sur ce il quitte la salle du restaurant.

- Et bien tu vois que les choses se sont plutôt bien passées au final.

 

Christophe se détend et finis le verre de Frédéric. Delphine est choquée et prend peu à peu conscience de la situation.

- C’est vrai que tu peux être con parfois.

Elle se lève et sort de la salle en courant. Au passage, elle constate que sa collègue n’a rien raté du manège et  pour cause. Frédéric vient de quitter la table, Delphine court le rejoindre et elle est suivi de près par Christophe. Il faudrait un cataclysme pour que les gens se lassent de cette histoire et des suppositions qui vont suivre.

Elle ne retrouvera pas Frédéric sur le trottoir et passera la nuit chez Christophe. Deux jours plus tard, après avoir rassemblé tout son courage, elle trouvera leur appartement vide. Tout est bien qui finit bien, le directeur commercial de la société aura le bon ton de sauter par la fenêtre de son bureau la semaine suivante : le raz de marée eut lieu et tout le monde ne parla plus que de cela pendant des mois. Ils en parlaient encore quand Frédéric réapparut. 

Par Lmf - Publié dans : Casimir
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 2 janvier 2010 6 02 /01 /2010 15:41

La frontière entre le glamour et le vulgaire est mince : l’éclairage.

Il n’y a pas d’amour sans la croyance qu’il est éternel.


-
Il y a trop de gens qui t’aiment autour de toi.


Premier anniversaire de leur rencontre, ils devraient être joyeux mais ne le sont pas. Le restaurant cossu est joliment décoré : couleurs chaudes, lumières tamisées, tout en en raffinement. L’ambiance est propice aux murmures, aux chuchotements, aux secrets dévoilés, aux passions avouées. Tout est beau, presque trop, une rupture se prépare.


La fourchette flotte dans l’air, la main est prise d’un léger tremblement. Elle la repose doucement sur le bord de son assiette. Une mise au point s’impose.


-
Tu ne me réponds pas. Tu n’as rien à dire, à me dire ?


Elle ne sait pas ce qui se trame exactement et ne veut pas prendre l’initiative. Ce n’est peut-être rien d’important. Elle jette un rapide coup d’œil à la table voisine. Un jeune homme y dîne seul, ou plutôt y dînait seul. Lui aussi observe la scène d’un œil intéressé ou pointe une légère inquiétude. L’atmosphère devient peu à peu pesante.

-
Tu le regardes encore. Inutile de prendre un air faussement offusqué, vous jouez la comédie depuis notre entrée dans le restaurant.


Elle retire nonchalamment sa main de son emprise et repousse légèrement la chaise de la table. Un recul inconscient qui la condamne sans qu’elle le sache.


-
Depuis combien de temps le vois-tu ?


Elle garde son mutisme et fixe son assiette. Elle n’y touchera plus de toute la soirée, elle en est maintenant certaine. La nappe est d’un blanc immaculé et l’ensemble est assemblé avec goût. Le chef a fait des merveilles.


-
Deux ou trois semaines tout au plus, à mon avis. Il y a encore dans ses yeux la passion des premiers temps, cela ne doit pas être bien vieux. De toute façon, il doit être à moitié fou de toi pour être venu mangé seul dans notre restaurant, dans le seul but de te voir. Vous deviez vous rencontrer ce soir ?

Elle hoche la tête, inutile d’inventer un quelconque mensonge, il en sait sûrement beaucoup plus sur cette liaison qu’il n’en a dit jusqu’à présent. Il serait surprenant qu’il s’arrête en si bon chemin. Elle s’amuse de l’ingéniosité de la disposition des aliments : une harmonie de couleurs qui se rapproche plus de la peinture que de la cuisine. Cela fait parti des charmes du restaurant. Dommage qu’elle ne puisse vérifier si l’ensemble flatte autant les papilles que la vue.

-
 
Regarde le, il te dévore littéralement des yeux. Il a insisté pour te voir, hein ?. Tu aurais pu au moins m’épargner cela, non ? Je suis aveugle, mais quand même, rien qu’une soirée, peut-être la dernière, seuls tous les deux, c’était trop vous demander ?


Elle le regarde enfin. Son visage est fatigué. Il n’a pas l’air en colère, juste fatigué, las, comme si il avait déjà accepté la défaite. Elle échappera peut-être à une scène en publique. Elle a repéré au fond de la salle une collègue de travail qui n’en manquerait à coup sûr pas une miette. Il est si rare d’avoir une histoire croustillante à raconter à côté de la machine à café.


-
Alors c’est avec lui que tu passais tes pseudos « déplacements professionnels » ?

- Oui.

- Et cela fait combien de temps exactement ?

- Qu’est-ce que cela change ?

- Rien, en effet, cela ne change rien.


Il soupire.


-
 
C’est sérieux, n’est-ce pas ?

- Oui.


Elle est belle. Il regrette que la tournure que prennent les événements, mais il est trop tard. Elle le sait, il s’en aperçoit et n’éprouve aucune colère, beaucoup d’amertume, mais aucun sentiment de révolte. Pas encore tout du moins.


- Tu l’aimes ?

- Oui.


Elle jette un nouveau regard à son amant, inutile de tricher maintenant, pour le rassurer. Ce dernier trépigne d’impatience. S'il avait su garder ses distances, lui aussi ! Elle les aime tous les deux et il a fallu qu’il l’accule à choisir. Les hommes et leur manie d’être possessifs. Un homme a du succès, les femmes sont des salopes, des garces, des putains, des filles faciles. Trop facile.


- Il te fait jouir ?


Elle sursaute et rougie.

Vous avez fait l’amour, non ? Alors, il te fait jouir ? C’est un bon coup ? Meilleur que moi ?

-  Arrête, s’il te plaît, tu deviens glauque.


C’est elle qui cherche son contact maintenant, elle essaie de lui prendre la main, il la retire aussitôt.

-
Pourquoi les hommes ramènent toujours tout au sexe ?

-  Je ne sais pas.

- Vous croyez que les femmes vivent avec celui qui a la plus longue ?


C’est à lui maintenant de détourner le regard.


- La plus grosse peut-être alors ?

- C’est seulement que ce serait plus facile.

- Désolé, mais ce n’est pas le cas. Je te trompe, oui et alors ? Je l’aime lui et toi plus, ce n'est pas plis compliqué que cela.

Elle sourit. Elle y va un peu fort, elle l’aime pourtant. Elle retourne la situation en sa faveur. Pas pour longtemps cependant :

 

- Et cela te donne le droit de me mentir ?

- Arrête.

- Non parce que cela signifie que tu joues la comédie depuis plusieurs semaines. Quand ce matin, tu m’as dit que tu m’aimais, tu mentais.

- Arrête, je t’en prie !

- Mais il faut le dire. Tu as honte ? Faut pas, tu me prends seulement pour un con, rien de dramatique. Tu crois que je n’ai rien senti ? Tu crois qu’il n’y a que les femmes pour voir se genre de choses. Même quand nous faisons l’amour tu penses encore à lui. Inverse pas les rôles, le cocu s’est moi quand même, non ?

 

Cela lui ressemble tellement cette façon de n’être jamais surpris par rien, comme si il en avait déjà tant vu, comme s'il était blasé. Et puis ses fausses questions qui ressemblent plus à des affirmations. Il est mignon dans son costume. Elle avait oublié comme il était séduisant. Toujours propre sur lui, soucieux de son apparence, attentif aux autres aussi. 

Par Lmf - Publié dans : Casimir
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Février 2010
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
             
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés